Certaines personnes doivent se battre pour atteindre les étoiles, et c’est le cas de cette astrophysicienne ! En effet, elle a dû lutter contre le racisme, les stéréotypes et les discriminations pour devenir qui elle est aujourd’hui.

Étoile montante de l’astronomie, en 2018 elle est classée comme l’une des personnalités française les plus influentes au monde par Vanity Fair, autrice de trois ouvrages dont Au-delà du ciel (2024), elle incarne une science accessible et engagée.
Pour cette semaine de la science au LAD, on vous présente Fatoumata Kebe, une astrophysicienne1 spécialisée dans les débris spatiaux2. 39 ans, née à Montreuil, fille d’immigrés maliens – d’une mère femme de ménage et d’un père cariste , elle a grandi en Seine-Saint-Denis, où personne n’entendait parler d’astronomie . Et fondatrice de l’association Éphémérides3 et Connected Eco4 . Elle fait partie des femmes qui ont osé faire de leurs rêves une réalité.
Un rêve d’enfant
Dans l’appartement de Noisy-le-Sec, où elle vit avec sa famille. Fatoumata Kébé n’a alors que 8 ans quand elle tombe, par hasard, sur une encyclopédie appartenant à ses parents. Entre les pages, des photos du ciel attirent son regard. Et elle décide de faire des étoiles sa carrière, une vocation vraiment jeune !
« Ce qui m’a tout de suite plu, ce sont les images. Je me suis dit : je veux travailler avec ce que je vois sur l’image », raconte Fatoumata Kébé qui avoue être « une contemplative » de nature.
Elle s’instruit quotidiennement sur France 5 . « Les images de l’espace me font voyager. Jeune, j’avais l’intime conviction que c’était très proche, juste après les nuages…»
Se battre pour réussir
Dans ses premières interviews, Fatoumata Kébé, encore étudiante, décrivait ses débuts semés d’embûches : ses parents qui l’auraient bien vue caissière, le racisme, la discrimination dans la recherche scientifique…
« Moi, je suis partie dans l’astronomie parce que c’est ce que je voulais faire. Je ne pensais pas me retrouver dans la catégorie outsider de par mon profil, mon genre ou mes origines… »
Dans son lycée de banlieue difficile, « Personne ne me conseillait, je devais rechercher toute seule les informations sur les métiers qui existent. »
Le jour où le prof de maths de Fatoumata Kébé a refusé de remplir son dossier de classe préparatoire, le ciel lui est tombé sur la tête. « Il m’a dit que le bac, c’était déjà un cadeau et qu’il était hors de question que je fasse des études. Je l’ai vécu comme une profonde injustice. Je n’ai compris qu’après que c’était raciste. »
Pourtant, ce violent épisode avec son prof, ne fait pas céder cette persévérante. « Tant que rien ne montre que c’est impossible, je pense toujours que je vais y arriver ». Et en étant une femme dans un milieu plutôt blanc et masculin, elle s’est vite rendu compte qu’elle allait devoir travailler dur pour réaliser ses rêves.
Son parcours en dates
En 1985, elle née le 26 juin à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
En 2007, elle effectue une Licence en ingénierie mécanique, à l’université Pierre-et-Marie-Curie.
En 2009, elle recoit un appel pour Étudier l’ingénierie spatiale à Tokyo (Japon).
En 2010, elle décide de poursuivre ses étude en faisant un Master en mécanique des fluides, elle y découvre les débris spatiaux.
Par la suite en 2016, elle effectue un brillante thèse d’astronomie, ayant pour intitulé « Étude de l’influence des incréments de vitesse impulsionnels sur les trajectoires de débris spatiaux », à la Sorbonne.
En 2017, elle fonde l’association Éphémérides, pour rendre l’astronomie accessible au enfants issus de zone defavorise. Engagée contre la pollution spatiale ou la sécheresse en Afrique, Fatoumata Kébé crée, une entreprise sociale la meme année « Connected Eco » une fabrique de systèmes d’irrigation connectés au Mali.
Invitée par plusieurs émissions télévisées en 2018, elle est désignée par le magazine « Vanity Fair » parmi les 50 personnalités françaises les plus influentes.
En 2021, elle est nommée Chevalier de l’Ordre national du mérite5, distinction remise par l’astronaute Claudie Haigneré.
En 2023, à la suite d’aînés prestigieux (Hubert Reeves, André Brahic ou encore Thomas Pesquet), Fatoumata Kébé se lance dans la médiation scientifique et crée « Kebela Sanée », une société de conseil dédiée aux jeunes entreprises spatiales, dans le domaine du « trafic des engins artificiels autour de la Terre ». « Je suis une passeuse de science » explique-t-elle simplement.
Un parcours inspirant
L’histoire de Fatoumata Kebe résonne aussi avec celle de nombreux jeunes Haïtiens passionnés par la science, mais souvent freinés par le manque de moyens et de structures. Comme elle, ils rêvent de regarder plus haut, de dépasser les limites qu’on leur impose. À travers son parcours, Fatoumata nous rappelle qu’avec la curiosité, la persévérance et l’éducation, tout devient possible, peu importe d’où l’on vient. Son engagement pour inspirer les jeunes filles à croire en leurs capacités peut aussi servir d’exemple en Haïti, où tant de talents attendent simplement qu’on leur tende la main pour briller à leur tour.
Ça prouve qu’il faut d’abord croire en soi, en ses capacités et en ses rêves, avant de chercher l’approbation des autres. La persévérance et la volonté doivent devenir une force pour agir, et ne plus regarder vos rêves d’en bas, mais les tenir entre vos mains.
- Astrophysicienne : Une scientifique qui étudie les étoiles, les planètes, les galaxies et l’univers en général. ↩︎
- Débris spatiaux : Petits objets ou morceaux de satellites et de fusées qui flottent dans l’espace autour de la Terre.
Fatoumata alerte sur les dangers qu’ils représentent pour les satellites et les astronautes, et milite pour une gestion responsable de l’espace. ↩︎ - Éphémérides : Association fondée par Fatoumata Kébé qui propose des ateliers pour initier les jeunes des quartiers défavorisés à l’astronomie et aux sciences. ↩︎
- Connected Eco : Projet créé par Fatoumata Kébé pour aider les agricultrices à mieux gérer l’eau grâce à des capteurs et technologies solaires. ↩︎
- Chevalier de l’Ordre national du mérite : Distinction française qui récompense des personnes pour leurs actions et leur engagement dans la société.
↩︎
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