L’animation japonaise bat tous les records depuis quelques années. Les chiffres ne font que montrer une augmentation croissante du nombre d’entrées dans les cinémas du monde entier mais aussi dans leur pays d’origine. Alors, est-ce que cette animation d’au-delà du pacifique peut elle battre d’autres géants comme le MCU !? (Marvel Cinematic Universe, littéralement le boss final du cinéma au box office.) Mais pour comprendre ce succès international grandissant, il faut remonter à ses débuts.
En 1984, un auteur nommé Akira Toriyama, dessine un personnage musclé, vêtu d’orange à la chevelure dorée, assis sur un nuage. Attendez ! On est 200 ans trop tard ! Retournons au vrai début…
C’est un beau jour de printemps, à la fin de la période d’Edo et au nouveau nom de capital baptisé Tokyo (1870), de jeunes artistes fougueux dessinent des caricatures pour les journaux d’époque. Non, mais, c’est pas possible ! On est beaucoup trop tôt ! Revenons au début de la véritable ère des manga. Après la Seconde Guerre Mondiale, le terme “manga” (漫画) s’est déjà établi. (漫 « man » veut dire libre et rapide et 画 « ga » dessin)
C’est à ce moment qu’un mangaka du nom d’Osamu Tezuka, inspiré par les BD américaines d’après-guerre et surtout par Walt Disney, décide de gribouiller un personnage du nom d’Astro Boy. Un petit robot doté d’une force incroyable, capable de voler, qui lutte pour la justice et pour sauver les habitants. Le tout premier personnage de manga modernes. Sans le savoir, il avait posé les bases de ce qu’allait être un phénomène gigantesque, qui dépassera rapidement les limites de l’archipel nippon. Aujourd’hui, il est estimé que son manga s’est vendu à plus de 100 millions d’exemplaires. Mais ce qui fait que tout le monde se souvient de ce personnage… c’est parce que c’est le premier que les gens ont vu bouger.

Dès les années 1960, l’industrie change. Certaines femmes décident qu’elles aussi veulent dessiner des mangas, mais pas pour les hommes. C’est la formation du groupe de l’an 24, qui créeront les premiers shojo (manga pour filles) et aussi une pépite que connaissait sûrement vos grande-tantes, La Rose de Versailles (Lady Oscar). (D’ailleurs il a récemment été ré-adapté et est dispo en streaming.) On voit aussi apparaître un nom majeur dans la modernisation du manga : Le Shonen Jump. Qui grâce à son magazine, le Weekly Shōnen Jump, fit connaître des grands noms comme Akira Toriyama, père de Dragon Ball.

Le premier “anime” a été dessiné à la main par Tezuka lui-même, et est une adaptation de son propre manga réalisée en 1963. Cette série d’animation fera le tour du monde. Notamment en France ou elle trouve tout de suite un public qui en raffole. La série atteint en un temps record la barre des, presque, 200 épisodes avant les années 1970. Chaque décennies après cela va voir naître des séries cultes : Lupin the III, Albator en 1978, Goldorak en 75. Le dernier sera un vrai phénomène en France, car c’était des mecha. Des robots, et donc, facilement transformable en produit dérivé qui envahissent l’hexagone et rendent fou les parents de l’époque.

La raison de cette déferlante est en partie économique. Dans les années 80, les chaînes de télévision se multiplient, et elles ont besoin de remplir leurs grilles de programme. De nombreux pays achètent à bas prix les animes par lots et les doublent sans parfois chercher à faire de la qualité. Dans certains pays, les dialogues doublés sont complètement improvisés ! Mais le véritable problème qui se dessine, c’est que les chaînes diffusent le matin n’importe quel anime, sans se soucier du type de public visé. Car si en occident, les dessins animés sont associés aux enfants, ce n’est pas le cas au Japon, où certains programmes pour jeunes adultes ont un contenu parfois violent ou cru.
Petit à petit, les parents, en France et dans d’autres pays, commencent à s’inquiéter de l’omniprésence des dessins animés japonais. Bien sûr, il y a des comédies romantiques, des magical girls et des adaptations de classiques de la littératures mais aussi des séries avec beaucoup de combats à mort.
Cela n’empêche pas les années 90 de frapper fort dans le monde entier : Sailor Moon, Les Chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball sont des succès planétaire !

L’engouement atteint les adultes, les collectionneurs, et crée des passionnés, et les éditeurs occidentaux comprennent qu’ils doivent fournir des versions de qualité. C’est la période de Neon Genesis Evangelion, Cowboy Bebop, Ghost in the Shell… Mais en France, les animes disparaissent de le télévision pendant plusieurs années à cause de personnalités politiques qui craignent pour l’innocence des enfants. Il faudra attendre le ras-de-marée Pokémon pour faire revenir les animes en France au début des années 2000, avec Yu-Gi-Oh! et tous les autres.
Mais, parmi tous les animes qui furent créés avant l’an 2000, parmi tous les studios d’animation de l’époque, un seul, a réussi à démocratiser ces histoires pour enfants et à conquérir un public transgénérationnel : le studio Ghibli, mené par Hayao Miyazaki. Cet homme est l’unique raison pour laquelle les anime ont une place familiale. Ces films d’animations ont marqué le monde entier, de par leur profondeur, leur narration, leur beauté visuelle ou simplement de l’amour que l’on ressent dans chaque seconde de chaque film. Je m’apprête à citer un de ces chef-d’œuvres et si ce nom ne vous dit rien… Vous avez gâché votre enfance. C’est l’œuvre qui a enfoncé pour toujours le clou de l’importance de l’animation japonaise dans cette industrie toute entière. C’est une princesse. Princesse Mononoke.

Evidemment, ce succès fulgurant de l’animation japonaise est dû au catalogue infini. C’est cette diversité d’histoires et de thématiques qui ont rendu les manga et les animes accessibles pour le grand public. Il y a des histoires pour fans de sport, de robots, de science-fiction, de fantasy, de comédies, de romance, d’histoire ou de jeux de société…
Maintenant, jouons à un jeu. Devinez le titre de ces descriptions : d’une histoire dystopique sur un monde peuplé d’androïdes qui combattent des aliens, à l’histoire d’une fille soldate qui veut simplement comprendre ce qu’est l’amour, en passant par l’aventure d’un club de basket ou l’un des joueurs est quasi invisible, les choix sont presque infinis. Tout le monde y trouve quelque chose qui lui plait.
Et vous, quels sont vos animes préférés ?
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